Street art : légal, illégal ?

A propos de ce qui s’affiche, se colle, se tague sur les murs, à lire : cet article de Libération qui nous apprend l’arrestation de Space Invader à Los Angeles, alors qu’il cimentait l’une de ses mosaïques près du MOCA, le musée d’art contemporain de la ville.

Il se trouve que le MOCA expose actuellement une de ses oeuvres, Map of the Blue Invasion. Celle-ci représente un plan du musée sur lequel on peut découvrir l’emplacement de ses mosaïques…

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Chemins croisés, Petit être (Elena) & Grand être (Brunissen)

A peine le temps d’émerger d’un sommeil, trop court, que déjà me voici dehors à lutter contre le vent. Incroyable ce que les minutes défilent le matin. La morsure du froid se fait rude et s’occupe de dissiper mes derniers lambeaux de rêves.

Autour de moi, tout est calme.

Le silence est à peine brisé par les pleurs d’un enfant ou le bruit de mes pas.  Pourtant je sais que bientôt le vacarme de la ville rattrapera cette rue. J’aime l’odeur du matin. Particulièrement l’hiver lorsque la nuit s’éternise.

Je passe sous un échafaudage baché et blanc de plâtre où des ouvriers s’affairent. Comme chaque jour, je cherche à deviner quelle langue ils parlent et quel est le sujet de leur conversation.  Le cheminement de mes pensées est stoppé net par une voiture roulant à toute allure qui manque de m’écraser.

Derrière le feu rouge, une rangée de voitures fumantes et hurlantes. Les conducteurs, accrochés à leurs volants, ont les pieds sur l’accélérateur, prêt à klaxonner rageusement si je ne me presse pas de traverser la route. Enfin … j’arrive en vue de la fontaine.

La fontaine, en elle même, est assez laide mais j’aime sa forme de visage boudeur.  C’est comme une vieille amie.

La tête encore brouillée de rêves, à peine le temps de comprendre, il faut y aller. Seule dans l’ascenseur … Dehors, il fait froid mais le soleil crée de bons effets. Je marche après avoir quitté L’Espoir, au bout de la rue, la maison « graffée » me redonnes le sourire.

L’éboueur, toujours au même endroit à la même heure. Il exhibe ses trouvailles, son tas de ferrailles. Portes- clés, peluches, comme des petits trésors. Malgrès ce travail qui lui donne l’air las, il chantonne.

Plus loin, un homme pressé glisse vite dans sa voiture. Une mère a, au bout des mains, deux p’ tits avec

leurs cartables sur le dos, deux p’tits qui ne comprennent pas pourquoi leur maman va si vite, si tôt.

Des individus déjà fatigués … De quoi ? De tout ? De la vie ? De la ville ?

En face près du pressing aux lumières blafardes, le barbu… Encore une rue et j’suis à la fontaine. Un vieil homme marche, la douleur le tiraille. Sa démarche saccadée et maladroite.

J’attends Elena, la voilà au loin, avec comme d’habitude, un joli sourire sur son visage.

Nous marchons dans une petite rue calme à cette heure matinale … un restaurant fermé, des affiches déchirées. Au bout de cette rue, un café va bientôt ouvrir pour laisser rentrer des hommes qui viennent noyer leur cafard dans un café bien noir.

On allume notre musique… dès le premier son, la magie opère. D’un coup, comme un souffle léger, la musique envahit la rue, la ville se pare de couleurs vives. Nos cœurs battent au rythme des basses. Vert ! Jaune ! Rouge ! Même si l’on s’est quitté la veille, nos esprits grouillent d’idées en tout genre, on a tant de choses à se raconter. Nous n’observons pas toujours ce qui nous entoure.

Dans la grande rue qui mène à la mairie, un vieux mendiant unijambiste marmonne à l’entrée du métro, des collègiens se pressent. On traverse.

Rue piétonne ; des silhouettes de peinture blanche dansent sur la facade grise d’une vieille maison aux fenêtres brisées, à la porte close. Au dernier étage, la statue de Dionysos, oublié, paraît attendre tristement sa démolition. En face, les fruits colorent le trottoir, les murs bariolés de la Maison des Femmes brisent chaleureusement l’uniformité fade de la rue.

On lève nos yeux… devant nous, l’église. Des pigeons roucoulent, tout en rentrant leurs têtes dans leurs plumages, tous ébourifés par le vent frais. A droite de l’église, l’entrée du petit parc, trop souvent fermée. Un escalier de dalles à grimper, une dernière montée !

On se glisse entre la lourde porte de lycée qui se referme sur nous.


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Temps souterrain. par Pénélope

La première chose que je ressens, pendant mon trajet, c’est le temps.

Le temps que je mets à attendre mon RER, pas très longtemps heureusement. Je rentre à l’intérieur, me pose sur un siège, préalablement chauffé par d’autres fesses, avant moi. L’avantage avec le RER, c’est que c’est rarement glauque, pas comme le métro; on a la compagnie des SDF, des roumains qui reprennent à l’accordéon, ou à la guitare, comme ce matin, de vieilles chansons françaises… On se laisse berçer par le va-et-vient du wagon et la musique et on regarde le paysage défiler: arbres, arbres, arbres, immeubles, voitures, voitures, noir.

On arrive à Gare du Nord et là, c’est le dur retour à la réalité. Une foule de gens, pressés, fatigués, énervés me rentrent dedans; gens en diagonale, ligne droite, transversale. Claquements de talons, brouhaha. L’être humain n’est pas tolérant dans les transports en commun, alors, pour pouvoir avancer, je fais comme tout le monde, du slalom entre les personnes. Je jette un coup d’oeil aux SDF, un peu attristée et manque de me prendre un sac dans le ventre pour cette seconde d’inattention.

La deuxième chose que l’on ressent, surtout pendant le trajet, c’est les odeurs. Odeurs de croissant, café, pisse, vomi, détergents, métal, tout y est. Et le matin, à 7h40 c’est pas tellement ce qu’on a envie de sentir…

Hé meeerdeuuh ! Y a une tonne de monde sur le quai du métro ! Ce que j’aime bien chez les gens, c’est qu’ils ont, pour la plupart, une sorte de "fausse politesse" lorqu’ils laissent passer les autres et dès qu’ils sont tous sortis, c’est la tuerie ! Aucun répit, c’est à celui qui arrivera à l’intérieur le premier… je me fais écraser, pousser, bousculer; pour les autres, plus faibles, les personnes à poussettes ou les vieillards, c’est tant pis pour eux. Ils attendront le prochain. On retourne au stade primaire, c’est la "loi de la jungle".

Je vous passe les détails des changements de métro, c’est pas passionnant. Ouf ! Enfin dans mon petit métro de la ligne 9, jusqu’à Mairie de Montreuil- terminus, c’est-à-dire du temps pour flemmarder, penser et regarder les gens, une de mes activités favorites… la plupart du temps, ils se laissent examiner gentiment, peut-être parce qu’ils sont sympas ou tout simplement parce qu’ils ne se rendent pas compte. Certains en revanche, te jettent un petit regard en coin genre: " bon heu… tu pourrais arrêter là, c’est saoulant… T’es quoi, une perverse ? Une folle ? " Pourtant c’est pas méchant, ce que je fais, j’imagine juste ce qu’ils pensent, la vie qu’ils ont eu, pourquoi ils sont comme ça, je regarde leurs visages, leurs mains, leurs regards; ça me fascine…

Enfin sortie du wagon, je me dirige vers l’escalator, je sens les différents parfums de femmes, hommes, parfums "naturels" ou "synthétiques" c’est mélangé, c’est bizarre, mais pas désagréable…

Emportée par l’escalier montant, je vois petit à petit la lumière dont j’ai été privé si longtemps ( 1h pour être précise ) et je me dis fièrement, en inspirant un grand bol d’air que j’ai réussi une fois de plus à échapper à la folie souterraine des gens…

 

 

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Street Art : une exposition à découvrir

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Liberté, par Salomé Ayache

Métro Liberté. Seule. Direction Balard. Très vite, je trouve une place bleue et verte. Je m’y assois et s’ensuit un long trajet jusqu’à République. Les stations s’enchaînent, le cliquetis qui nous signifie que les portes violentes se referment, froidement, mécaniquement. Stop. République.

Un bazard et un changement monstre. Un petit escalier, je marche vite, s’ensuit un long changement, un long, très long, trop long couloir. Un point-point souterrain. Le marchand de journaux est là, il est toujours là. Une nouveauté cette fois, un débarqué qui s’improvise marchand de légumes. Je n’ai pas le temps. Ma mère ne doit pas savoir.

Mairie des Lilas. Je n’ai même pas la force de lire en entier l’affichage, le métro 11, ce petit rond marron m’indique ma ligne. Je ne fais que suivre le monde. Nous ne faisons que ça, suivre, encore et encore, impuissants. J’ai le temps de penser qu’un daltonien a le droit de ne pas avoir envie de décrypter ces 3 mots.

Mairie des Lilas.

Ils n’ont pas le choix. Personne n’a le choix.

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Echo d’ailes, par Louise

Sonne la cloche

Son rire ricoche

Rire cristallin

Presque enfantin

Sillonne les allées

Où l’on délambulait

Son rire s’efface

Peur qu’il trépasse

Qu’il quitte mon coeur dévasté

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Queen, par Louise

Tout va si vite. Les visages défilent. Tout semble comme un rite. Toujours les mêmes images, le même paysage. Comme mon amour. Les noms des bars effleurent mes yeux. Je ne me retourne pas. Les arbres forment une ligne verte sur ma gauche. Je ne peux les compter. Ils ne font qu’un comme elle et moi. Feu rouge. Ouf. Une pause dans ma course pour la retrouver. Ca repart. Une. Deux. Trois. Boulangeries. Toujours les mêmes personnes. Le soleil m’éblouit. Très peu. Je vais trop vite. Mon souffle s’emballe de cette vitesse. Mes yeux s’accrochent par à-coups à des détails innocents. Mon coeur fait des bonds saccadés face à cet instant. La voiture s’arrête. Tout redevient lent. L’air plombe mes poumons. La vitesse n’est plus.

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